BANDE ORIGINALE : Devilman


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Je ne garde pas un souvenir heureux du visionnage du Devilman d’Hiroyuki Nasu. Ou comment se faire niquer la gueule par un trailer alléchant. Le « film » redéfinissait la notion d’échelle de valeur du temps, vingt minutes dans son monde de merde équivalant à deux bonnes heures dans le notre. Est-ce que je passe sur l’édulcoration du manga hardcore de Go Nagai et les CGI giga-méga pourris…? Tiens d’ailleurs, faudra m’expliquer un jour pourquoi, systématiquement, tous les effets spéciaux des grosses productions nippones ressemblent à des démos buggées d’Imagina circa 1994 (coucou Attack On Titan). C’est pourtant bien le pays des innovations technologiques, non ?

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Je n’ai jamais vu Devilman, la série animée que cette bande originale, signée Go Misawa, illustre de la plus fantasque des façons. Mais j’imagine que ça ne peut pas être pire que le fiasco cinématographique de 2004 qui a traumatisé la pourtant intrépide petite Jennie Zakrzewski avec qui je partage ma vie. Non, je n’ai pas non plus vu les OAV ainsi que Violence Jack, mais j’y remédierai probablement le jour où j’arrêterai de passer soixante heures dans mon magasin de disques. En revanche, j’ai écouté la bande originale du Devilman : The Birth composée par Kenji Kawai, et malgré tout le respect que j’éprouve pour son auteur, je peux te dire que c’est loin d’être une réussite. Elle a en effet le défaut d’être horriblement marquée par son époque, répétant, avec un manque de groove flagrant, ce que Go Misawa essayait de convier dans son score. Sauf que ce dernier lui a donné naissance dans les glorieuses années 70, ce qui signifie qu’en terme de production (je t’en parlais déjà le mois dernier) et de rythmes (tu veux un dessin ?), on a affaire à un poids lourd de la soundtrack nippone.

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Même si ce Devilman se situe musicalement un poil en dessous de l’impressionnant chef d’oeuvre du Mystery Kindaichi Band (pour rester dans le même genre), il défonce quasiment autant que tout ce qui se fait en OST psyché funky en provenance de l’archipel, mélangeant, avec malice et talent, fuzz décadente et rythmiques ultra dansantes, influences 60’s typiquement japonaises et production enfumée possédant un cachet incroyable (ce son de basse monumental, ce son de clavier transperçant), sans oublier ce merveilleux thème chanté par l’incomparable Keizo Toda, le tout couplé à un artwork absolument fabuleux qui vaut à lui seul l’achat du disque… Bref, si tu as encore une once de sens en toi, jette-toi sur les dernières copies disponibles avant qu’il ne soit trop tard.

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Florian Schall

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Florian S.
Florian Schall, né en 1980. Disquaire à La Face Cachée, chroniqueur musical sur Mirabelle TV, propriétaire du blog http://recordsarebetterthanpeople.tumblr.com/ , organisateur de concerts, musicien au sein de divers projets (Twin Pricks, Poincaré, The Holy Mundane) et ex-zineux repenti.

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