BANDE ORIGINALE : Fargo Saison 2


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Fargo fait partie, avec Better Call Saul et Bloodline, des meilleures séries télévisées du moment. C’est tout, c’est comme ça. Je sais que tu as des plaisirs coupables un peu borderlines (The Leftovers, Game Of Thrones, Jordskott, Wolf Creek ou Vinyl), je ne t’en voudrais certainement pas. Moi-même, j’avoue avoir succombé au charme gogole de la première saison de Wayward Pines. Mais bon, quand faut revenir aux choses sérieuses, je sais que le chef d’oeuvre de Noah Hawley inspiré du film des Frères Coen est là pour moi. Rigoureux, inventif, désespéré, passionnant. Un OVNI qualitatif, doté d’un casting complètement maboule (Allison Tolman, Colin Hanks, Martin Freeman, Billy Bob Thornton, Kirsten Dunst, Patrick Wilson, Ted Danson, Bokeem Woodbine, Ewan McGregor, Bob Odenkirk, Keith Carradine, Adam Goldberg, Jesse Plemons ou Nick Offerman défilent durant vingt épisodes) et d’une réalisation aussi fluide qu’inspirée (d’où l’importance de bien choisir les gens que tu vas foutre derrière la caméra) qui redonne foi en l’humanité créative télévisuelle. Surtout, l’on remarque une évolution significative entre les deux saisons, telle une volonté marquante de ne pas répéter ce qui a déjà été dit une première fois, une envie de jouer avec les codes de la narration et les notions d’espace et de temps de façon si adroite que l’on ne se sent jamais perdu, ou bien encore un changement conséquent d’atmosphère et de références culturelles.

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Aussi discrète soit-elle, la musique composée par Jeff Russo suit le même chemin tracé par les créateurs de la série. Gardant son aura mystérieuse, son vernis de douceur et ce son totalement limpide et irréel (qui prend tout son sens lors de ses magistrales envolées lyriques), le score du guitariste de Tonic s’enrichit de nombreux atouts. Sans perdre leur mélancolie intrinsèque, les thèmes se voient dotés d’une puissance rythmique absente dans la première saison (Fargo Main Theme, Rye’s Theme) et d’arrangements beaucoup plus subtils et riches qu’ils n’y paraissent (versant tantôt dans le post-rock ambient, tantôt dans le drone menaçant). Russo garde le cap d’une cinématographie de tous les instants, privilégiant l’émotion de mélodies ténues au pathos grandiloquent dont font preuve bon nombre de ses collègues, explorant des univers étonnants et toujours pertinents (Hanzee Funk, Simone & Charlie). Une musique qui se met totalement au service de l’image sans vouloir rivaliser avec elle : voilà une démarche que l’on avait pas retrouvé depuis le travail de Dave Porter sur Breaking Bad, série avec laquelle la saison 2 de Fargo entretient un autre point commun. En effet, en plus du score phénoménal (le mot n’est certainement pas galvaudé dans ce cas précis), l’on a droit à une sélection de morceaux parfaite dans son équilibre entre curiosités indispensables (le Yama Yama de Yamasuki), reprises fantastiques (California Dreamin’ par Bobby Womack, Just Dropped In par White Denim) et gentils ratés (le Oh Well de Fleetwood Mac en live, non merci), à tel point que l’on croirait avoir sur la platine la bande originale du nouveau Tarantino. Manque juste un compositeur italien, quoi.

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Le traitement accordé par At The Movies, la branche ciné de Music On Vinyl, est au diapason, mettant les bouchées triple au niveau du pressage. Le score de Russo s’étale sur trois faces rabelaisiennes, en laissant trois autres à la compilation de tubes intemporels. Le trifold, à l’effigie de l’affiche de la série, impose le respect, tout comme cette couleur de disque opaque faisant écho à la teinte « icy white » de sa soeur aînée. Quant au contenu visuel, si l’on pourra regretter (comme d’habitude) l’absence de lecture à se mettre sous la dent, l’on se brûlera en revanche la rétine avec de superbes photos de tournage, dont deux stills de Kirsten Dunst (rhââ lovely). Mais comme le diable est dans les détails (d’après l’expression consacrée), l’on soulignera surtout la présence d’un gratte-glace marqué du logo de la ville, goodie totalement inutile (donc absolument indispensable) qui justifiera à lui seul l’achat obligatoire et immédiat de ce nouvel épisode musical de la saga Coenienne.

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Ouais ouais.

Vivement la saison 3.

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Florian Schall

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Florian S.
Florian Schall, né en 1980. Disquaire à La Face Cachée, chroniqueur musical sur Mirabelle TV, propriétaire du blog http://recordsarebetterthanpeople.tumblr.com/ , organisateur de concerts, musicien au sein de divers projets (Twin Pricks, Poincaré, The Holy Mundane) et ex-zineux repenti.

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