BANDE ORIGINALE : Insidious 3

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Hey ! N’aie pas peur (normal après tout, c’est Insidious 3) ! Je ne vais pas en remettre une couche sur le premier essai cinématographique catastrophique du pourtant sympathique Leigh Wannell. Non non. Je t’ai déjà dit tout le bien que j’en pensais dans l’article du même nom. Ça ne sert pas à grand chose de tirer sur une ambulance en se répétant. En revanche, la sortie de son score est l’occasion rêvée de parler brièvement de Joseph Bishara.

Découvert par le grand public en 2011 via ses compositions anxiogènes pour le premier Insidious (réalisé par James Wan), celui-ci oeuvre pourtant dans l’ombre depuis 1998 et le Joseph’s Gift de Philippe Mora (auteur franco-australien de nombreux et onctueux films bis). Non content de réussir à élaborer une musique dix fois plus effrayante que les images qu’elle illustre, Bishara s’est également fait connaître via ses collaborations et remixes avec des artistes aussi sombres et californiens que Nine Inch Nails, Danzig, Marylin Manson ou bien encore Jane’s Addiction. A l’image de cette personnalité typiquement angeline version goth, ses scores allient d’électrisantes séquences bruitistes, aussi courtes que brutales, à des plages de silence vastes et angoissantes. L’auditeur, constamment pris à revers, se sent un peu comme perdu au fin fond des ténèbres, les bras devant soi dans une posture de fuite auditive en avant, tendant constamment l’oreille afin de percevoir des sons qui n’existent probablement que dans sa tête.

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Si ce style a pu avoir tendance à s’essouffler avec le temps (passé l’effet de surprise, la routine prend le dessus, notamment sur Dark Skies et Insidious 2), l’on constate une remise en question plus qu’excitante du compositeur sur ce troisième opus. Certes, les gimmicks bien connus des aficionados du grand chauve tatoué sont toujours présents, mais leur force s’en retrouve décuplée grâce à l’ajout de douces séquences presque anachroniques, héritières de ce bon vieux cinéma fantastique des années 70 dont l’époque révolue se trouve constamment (mais pas forcément correctement) citée ces derniers temps, elles-mêmes épaulées par de classiques progressions fondamentalement post-rock dans l’esprit. Les explosions de violence sont, de ce fait, d’autant plus impressionnantes qu’elles semblent alors submergées dans un marais suintant de basses étouffantes, aidées en cela par quelques discrètes mais efficaces percussions menées par nul autre que cette vieille baderne de Dave Lombardo.

Mais tu veux vraiment savoir ce que j’aime chez Joseph Bishara ? Ben c’est tout simplement le fait qu’il s’auto-produise. Void Recordings, c’est lui. Ce qui signifie qu’il sort ses disques tout seul comme un grand, privilégiant aussi bien le vinyle que le CD en se cassant un minimum le cul afin de distribuer sa musique au plus grand nombre à des prix plus que corrects. Et même si je trouve ses choix plus que discutables et pas forcément heureux, je trouve la démarche du bonhomme mille fois plus courageuse et à encourager que ces faciles rééditions aux fatigants effets de manche pour hipsters en bonnet dont nous abreuvent les poids lourds de la bande originale du 21e siècle (pas besoin de les citer, tu commences à les connaître).

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Florian Schall

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Florian S.
Florian Schall, né en 1980. Disquaire à La Face Cachée, chroniqueur musical sur Mirabelle TV, propriétaire du blog http://recordsarebetterthanpeople.tumblr.com/ , organisateur de concerts, musicien au sein de divers projets (Twin Pricks, Poincaré, The Holy Mundane) et ex-zineux repenti.

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