BANDE ORIGINALE : The Music Of David Lynch


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David Lynch est un type qui compte beaucoup d’amis dans son entourage. Ce qu’il lui manque, en revanche, c’est un webmaster ainsi qu’un webdesigner. C’est particulièrement flagrant lorsque tu atterris sur le site de sa fondation. Mon premier réflexe a en effet été de croire à une blague. Faut dire que le type a un sens de l’humour assez particulier, en témoignent sa coupe de cheveux ou bien encore Une Histoire Vraie. En y réfléchissant bien, avoir la sensation de se retrouver en 1999 pourrait être un truc sciemment pensé et calculé. Connaissant la filmographie du bonhomme, on se rend finalement compte que les voyages dans le temps l’ont plus ou moins toujours intéressé. Je l’imagine bien se marrer derrière son ordinateur, se satisfaisant de l’iconographie scientologue ou de cette hideuse couleur bleue « catalogue La Redoute, décembre 1985 ». Bref, pour faire rapide (parce que je vais pas digresser pendant huit heures), David découvre la méditation transcendantale en 1973, sa vie s’en retrouve bouleversée, il crée une fondation en 2005 pour partager sa passion de la pratique et organise un grand concert caritatif afin de lever des fonds.

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Sur scène, il réunit un casting de rêve afin de rejouer les chansons qui ont marqué sa carrière cinématographique. Outre l’indéboulonnable Angelo Badalamenti (accueilli à corps et à cris par la foule, et pour cause : ses versions de Dance Of The Dream Man et des thèmes de Laura Palmer et Twin Peaks sont à tomber à la renverse), sont invités le grabataire Donovan (pour une reprise émouvante ou consternante [c’est selon] du Love Me Tender d’Elvis Presley), la pétulante Karen O (j’avais du mal avec son Pinky’s Dream, je commence tout juste à l’apprécier), les gogoles Warren Coyne et Steven Drozd (qui triturent des bouts d’Eraserhead et Elephant Man; c’est con, j’ai jamais pu encadrer The Flaming Lips) ou bien encore Rebekah Del Rio (sa version du Llorando de Roy Orbinson, entendue dans Mulholland Drive, est une pure merveille).

Quatre femmes sortent du lot. La vénéneuse Chrysta Bell électrise son Swing With Me, lui donnant une altitude quasiment Mazzy Star-esque (Hope Sandoval, du haut de sa tour d’argent, peut être fière de sa progéniture). La troublante Sky Ferreira ne prend pas de risque en reprenant Blue Velvet mais réussit malgré tout à faire sien le chef d’oeuvre de Tony Bennett. Lykke Li et Zola Jesus délivrent des performances classiquement indémodables du Wicked Game de Chris Isaak et du In Heaven de Laurel Near dans un style qui leur est propre à chacune. Aucune surprise, si ce n’est la confirmation de leurs talents respectifs. Jim James, Tennis et Twin Peaks, quant à eux, font le job, chacun de leur côté. En revanche, Duran Duran et Moby font chuter vertigineusement la note que le disque aurait eu s’il avait été chroniqué par un pigiste de New Noise. Quelle horreur… Qui prend encore le petit chauve au sérieux ? De quelle secte influente fait-il donc partie pour qu’on le retrouve invité sur la scène de l’Ace Hotel de Los Angeles ? Franchement, je n’en sais foutre rien… Tout ce que je sais, c’est que son morceau Go est totalement insupportable, d’autant plus qu’il est adroitement enchaîné avec l’insipide The Chauffeur des garçons-coiffeurs de Birmingham.

Peut-être un autre trait d’humour étrange du vieux David ?

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Florian Schall

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Florian S.
Florian Schall, né en 1980. Disquaire à La Face Cachée, chroniqueur musical sur Mirabelle TV, propriétaire du blog http://recordsarebetterthanpeople.tumblr.com/ , organisateur de concerts, musicien au sein de divers projets (Twin Pricks, Poincaré, The Holy Mundane) et ex-zineux repenti.

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