Saison 3 : Broad City – La règle de trois

Broad City
Je vous ai déjà causé avec enthousiasme des filles de Broad City ici… Mais force est de constater que je n’ai pas réussi à vous convaincre de les adopter. J’en remets donc une couche après une tout aussi (si ce n’est plus) enthousiasmante troisième saison. Ça vous gonfle ? Je m’en fous. Vous l’avez bien cherché.

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Nan mais sérieux, qu’est-ce que je dois faire pour encourager à streamer Broad City ? Vous dire que c’est la série la plus drôle qu’il m’ait été donné de regarder depuis un bon moment ? Déjà fait. Vous assurer qu’Ilana Glazer et Abbi Jacobson en ont dans la caboche et qu’en plus elles savent brillamment porter leurs idées à l’écran ? Déjà fait aussi. Vous prouver par A + B qu’elles s’inscrivent clairement comme (attention, expression journalistique à la mode et pourtant déjà éculée) « la voix de toute une génération » ? Ah, je tiens peut-être un truc là… Et pour ce faire, je vais vous parler du final de cette dernière saison qui, en plus de ravir mes zygomatiques, a définitivement scellé mon admiration pour les deux new-yorkaises.

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Pas d’inquiétude, je ne vous spoilerai rien des intrigues qui emmènent ce double épisode jusqu’à des sommets d’hilarité. Je vais en revanche vous dévoiler les deux sujets qui y sont traités, avec ce qu’on pourrait communément appeler « une sacrée paire de couilles ».

Le premier, c’est la religion juive. Alors OK, dit comme ça, ça peut paraître facile ou inintéressant. Sauf qu’au fond, c’est un sujet important. Universel aussi. Jugez plutôt : suivre des codes encestraux et arbitraires, entretenir le communautarisme, sacrifier certaines libertés chèrement acquises au nom d’une croyance… Broad City envoie tout valdinguer. Non sans respect, mais sans la moindre once de finesse, c’est un fait ! Et rien que pour cette confrontation frontale (pléonasme assumé) avec des idées d’un autre âge qu’on a souvent peur d’aborder tant elles sont sensibles et soumises aux susceptibilités, je ne peux que m’incliner bien bas. C’est malheureusement rare sur mon petit écran et incroyablement précieux à mes yeux.

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Le second et le plus prégnant, c’est les règles. Yep, cette vérité physiologique qui concerne plus de 50 % de la population mondiale et qu’on continue à affubler de petits noms pudiques et puérils comme le cadeau de mère nature, les rouges, les problèmes de fille, les ragnagna, j’en passe et des meilleurs. Comme si il y avait quelque chose d’honteux dans le fait de ne pouvoir échapper à sa nature propre… C’est juste ridicule et les auteures de Broad City sont bien décidées à le démontrer. Mieux que ça : en plus de dé-diaboliser ces 50 à 150 ml de sang qui s’écoulent du vagin des filles chaque mois de leur vie fertile où leur utérus n’accueille pas d’embryon, elles réussissent à en faire un sujet de revendication. Avec humour, aisance et pertinence, rien que ça.

Bref, c’est bon, n’en jetez plus, la coupe (menstruelle) est pleine, je capitule : pendant deux saisons, devant Broad City, j’ai bien ri ; et après cette nouvelle série de dix épisodes, j’ai juste trop envie qu’Ilana et Abbi deviennent mes meilleures amies. Ou maires de ma ville. Ou maîtres de l’Univers. Tant de talent pour évoquer avec légèreté et simplicité la condition humaine et ses ratés ne peut être ignoré. Ça tombe bien, c’est exactement ce dont le monde a besoin.

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Ah oui, je vous ai dit que Tony Danza joue dans cette nouvelle saison ? Non ? Alors je vous le dis : Tony Danza joue dans la saison 3.

Jennie Zakrzewski

Rédactrice, conseillère éditoriale, photographe et méchant flic du label Specific. Blogs : http://thisisthemodernworld.tumblr.com + http://jennie-artwork.tumblr.com

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