CANNES 2017 : Blade of the Immortal

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L’un des cinéastes japonais les plus prolifiques et les plus diversifiés nous régale, quelques années après 13 assassins et Hara-kiri, mort d’un samouraï, d’un film de sabre complètement fou. Blade of the Immortal, adapté d’un manga déjà décliné en anime, joue la carte du bain de sang/n’importe quoi étalé sur deux heures vingt. L’histoire est celle d’un ancien samouraï dans le Japon féodal, devenu immortel grâce à une sorcière, et de sa quête dans la vengeance d’un meurtre.

Si le film démarre sur une géniale séquence, en noir et blanc, d’un combat ininterrompu et sans merci, bien fertile en effets gore, c’est parce que c’est tout ce qu’il veut nous donner. Près de deux heures trente qui passent en flèche, tant le rythme est soutenu par les incessants combats toujours plus jouissifs et extravagants les uns que les autres. Takashi Miike veut faire du grand spectacle, et il sait comment s’y prendre, à grands coups de costumes et décors remarquables, d’un humour absurde mais bien vu, de célébrités japonaises…

Quand Takashi Miike fait du Kurosawa – le personnage principal est un yôjimbô, un garde du corps, et l’intrigue secondaire de la trame reprend les grandes lignes du film d’Akira Kurosawa –, on pense plutôt à du Sergio Leone dopé, influence indiscutable depuis une dizaine d’années, mais aussi beaucoup à Seijun Suzuki, les sagas Baby Cart et Hattori Hanzo, autant de films (et tant d’autres) qui ont aussi été décisifs pour le Kill Bill Vol. 1 de Tarantino. En tapant directement dans l’efficacité plutôt que dans la recherche plastique – le film a tous les attributs du film de sabre, et les transitions, visuelles comme scénaristiques, n’existent tout bonnement pas –, Miike cherche avant tout à donner du plaisir dans un grand n’importe quoi et s’amuser enfin réellement avec un genre qu’il avait déjà exploré, toutefois de manière autrement plus sérieuse, et réussit haut la main cette mission.

Valentin Maniglia

Valentin M.
Valentin M. Cinéphage, étudiant en cinéma et grand passionné de James Bond, du cinéma populaire, bis et gore européen, et de comédies musicales et romantiques mièvres.

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