ÉVÉNEMENT: projection + expo autour de « La Haine » M.K.

Cycle Cinéma Urbain : « La Haine » à La Scala de Thionville le 17 octobre 2015

La Haine

“La haine engendre la haine ! ” s’égosille Hubert, tentant d’enrayer par ses paroles le mécanisme déclenché dans la tête de son pote Vinz, ce dernier agité par la perspective d’une vengeance salutaire.

20 ans après sa sortie en 1995, Mathieu Kassovitz peut se féliciter d’avoir accouché d’un film dont les répliques résonnent encore fort en nous malgré deux décennies consumées. Récompensé au festival de Cannes 1995 pour sa mise en scène, mais aussi aux Césars (meilleur film, meilleur montage, meilleur producteur), La Haine s’inscrit dans la lignée des films français cultes, bénéficiant en outre d’une bande originale inoubliable.

The Bloggers Cinema Club a décidé que le film soufflerait ses vingt bougies au cinéma thionvillois La Scala le 17 octobre 2015, en partenariat avec Boumchaka, et dans le cadre d’un cycle cinéma urbain :  le film De l’encre  du groupe rap La Rumeur a été projeté le 15 octobre au Caméo Ariel (Metz), et La Rumeur a donné un concert aux Trinitaires (Metz) le vendredi 16 octobre .

Si mère censure s’est presque invitée à la fête une semaine avant l’évènement, souhaitant interdire la projection du film, finalement, le bon sens aura triomphé de la politique ! Mathieu Kassovitz lui-même a tweeté le 10 octobre en réaction : “C’est ridicule. Ce film n’a jamais incité à la violence.”

 

Cinéma La Scala de Thionville

Cinéma La Scala de Thionville

Mais l’événement La Haine, ce n’était pas uniquement la diffusion du film en version 35mm, non. 

Une petite exposition pré-projection accompagnée d’un pot amical a permis de mettre en évidence tout un univers orbitant autour du sujet du film. La thématique des quartiers inhérente à La Haine fait écho aux hood movies outre Atlantique, genre cinématographique zoomant sur la vie des quartiers américains, qui met principalement en scène les minorités ethniques, comme Boyz N The Hood, Juice, Menace II Society, etc. TB2C a choisi d’afficher sur 4 panneaux A2 un très bon article d’Arnaud Fraisse paru dans Rockyrama : Qui a Flingué le Cinéma de Quartiers ? L’article dresse un historique de ce genre originellement considéré comme de la blacksploitation, et fait un véritable état des lieux des hood movies, qui auraient perdu aujourd’hui leur sens et leur éclat originel. 

Article d’Arnaud Fraisse (Rockyrama) sur les Hood Movies et exposition Novembre de l’égalité

Une vieille télévision old school diffusait une vidéo de trente minutes réalisée par Benjamin Anton présentant plusieurs extraits de différents films de quartiers : 8 Miles (Curtis Hanson, 2002), Adulthood (Noel Clarke, 2008), Clockers (Spike Lee, 1995), Do The Right Thing (Spike Lee, 1989), Get Rich Or Die Tryin’(Jim Sheridan, 2005), Ma Ci-T Va Crack-er (Jean-François Richet, 1997), Menace To Society (Allen & Albert Huges, 1993), Série Noire (Alain Corneau, 1979), La Haine (Mathieu Kassovitz, 1995), Bande de Filles (Céline Sciamma, 2014), Boyz N The Hood (John Singleton, 1991). 

 

Vidéo d’extraits de films de quartiers / hood movies

Le foyer de la Scala a également accueilli une quinzaine de photographies réalisées par des jeunes du quartier des Sablons (Metz). Dans le cadre du Novembre de l’Égalité 2014, et dans l’optique de renverser les idées reçues véhiculées par certains médias et par d’autres jeunes dans leur établissement scolaire, ces adolescents de 11 à 13 ans, au sein de l’organisme de C.M.S.E.A.*, et en partenariat avec SOS Racisme, ont réalisé des photographies de leurs quartiers avec Bout d’Essai. Trente photographies ont ensuite été sélectionnées par les jeunes, développées en argentique et encadrées afin d’être exposées. Ces adolescents aiment leurs quartiers, et ils le montrent ! Caroline Sauder-Diouf et deux de ses collègues de l’organisme SOS Racisme ont pu représenter l’association pendant le pot amical et donner de plus amples précisions sur leurs projets passés et futurs.  Sébastien Duclos, éducateur du C.M.S.E.A., est venu accompagné de sept jeunes afin de leur faire découvrir l’exposition et La Haine qu’ils connaissaient surtout pour son esthétique noir & blanc.

Exposition des clichés du Novembre de l’égalité réalisés par les jeunes du C.M.S.E.A

Juste avant la projection du film, Myriama Idir (chargée de projets à Metz en Scènes), accompagnée de David Soner (peintre, illustrateur, grapheur professionnel), s’est exprimée avec émotion sur son propre vécu de l’oeuvre ainsi que sur son contexte de sortie en 1995, lorsqu’elle avait 20 ans.

Intervention de Myriama Idir et David Soner

Après la projection, les participants ont été invités à se rendre au bar thionvillois le Nimby, où un dj set en mode “hip hop” les attendait !

Cette soirée était essentielle pour rappeler l’importance du respect et de la solidarité. La Haine est un film que l’âge ne semble pas affecter, il a 20 ans et pourtant, il parvient encore aujourd’hui à s’ancrer dans les problématiques actuelles.

Alexiane F.

* C.M.S.E.A. : Comité Mosellan de Sauvegarde de l’Enfance, de l’Adolescence, et des Adultes

The Bloggers Cinema Club remercie : La Scala de Thionville, Boumchaka, Myriama Idir de Metz En Scène, le C.M.S.E.A., SOS Racisme, Tirage à Part.

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