DOSSIER : L’automne des séries

On ne s’arrête plus de faire des séries. La nouveauté de cette année 2016 est d’utiliser des films, de préférence ceux qui n’ont pas marqué la mémoire collective, pour les décliner autant qu’il semble bon aux chaînes de télévision de le faire. Le plus mauvais guide du monde vous emmène faire un tour des pires objets télévisuels qui se profilent à l’horizon de cet automne.

LethalWeapon

Falling Down

Alors que la seconde moitié de l’année 2016 vient d’être entamée, on se rapproche pas à pas de la rentrée, et qui dit rentrée dit nouvelles saisons, et nouvelles séries. Or, force est de constater que nous arrivons bel et bien à la fin de ce que l’on a pu appeler « l’âge d’or des séries ». Oserions-nous même dire sans crainte que cet âge d’or est désormais derrière nous. Une période de plus de dix ans, qui a clairement révolutionné la manière de consommer, d’envisager et de fabriquer de toutes pièces des personnages, des histoires, des arcs narratifs développés sur une, deux, quatre, six saisons ; on ne reviendra pas sur la figure du showrunner, véritable messie de l’art de la série, mais il semble plus pertinent de noter que ce qui a fait au même titre la grandeur de cet âge d’or, c’est que la série, qui était jusqu’ici une manière pour de futurs cinéastes, scénaristes, acteurs et techniciens, de faire ses premières armes, est devenu un authentique terrain d’expérimentation pour des artistes plus rôdés. Quelques-uns des acteurs les plus célèbres d’Hollywood ont, ou ont eu, « leur » série, de Kevin Spacey à Steve Buscemi, en passant par James Franco, Matthew McConaughey, Mads Mikkelsen, Kevin Bacon, Elijah Wood, Laurence Fishburne, Oscar Isaac… Idem pour les réalisateurs, dont le rôle est souvent allé bien au-delà de la simple et redondante mention « producteur exécutif » : Steven Spielberg et Martin Scorsese bien sûr, mais aussi David Fincher, Bryan Singer, Ridley Scott… Petit à petit, le cinéma s’est invité chez les séries, jusqu’à les dévorer et faire du terrifiant, mystérieux, hilarant ou dramatique rendez-vous hebdomadaire sur petit écran l’égal de l’expérience des salles obscures, où le 115cm a remplacé le 35mm. L’objectif atteint et pleinement rempli, est donc venue l’heure de le dépasser, faisant de cet objectif une simple étape dans l’infinie évolution de ce nouvel art, comme autant de saisons qui s’enchaînent sans forcément se ressembler*.

La nouvelle étape est déjà en marche, silencieusement, depuis quelque temps. Elle attendait patiemment dans un coin de votre TV Showtime en utilisant plusieurs appellations : Fargo, Ash vs. Evil Dead, Hannibal, comme autant de noms que l’on donne au Diable en personne. En 2016, tel Woland qui vient expier l’humanité de ses péchés, la série télé sombre subitement et de manière grandiose dans les conséquences de l’idée la plus médiocre de son histoire : adapter des films en série. Suites canoniques ou pas (Ash vs. Evil Dead), spin-offs (Fargo) ou reboots (Hannibal), l’adaptation d’un film à la télévision a certes déjà donné la preuve que le produit fini puisse être un programme de qualité, même variable. Seulement, on en arrive aujourd’hui au point où commettre l’adaptation d’un film sur le petit écran est d’en reprendre bêtement l’idée, modifiée ou non, que l’on étire sans vergogne sur dix, douze ou vingt-quatre épisodes en développant des arcs narratifs brouillons et surtout sans aucun intérêt. Et, plus important encore, les films adaptés sont presque tous obligatoirement des films « moyens », au succès public moyen, au succès critique moyen, qui ne marqueront jamais l’histoire du cinéma (et, donc, qui continueront à ne pas marquer l’histoire de la télévision, à n’en pas douter), qui ne sont ni bons, ni mauvais, ni cultes. C’est le cas de Frequency, peut-être le titre le plus significatif pour illustrer cela, puisqu’il s’agit de la déclinaison en série de Fréquence interdite, film fantastique de Gregory Hoblit sorti en 2000, où Jim Caviezel communique, à l’aide d’une radio, avec son père pompier (Dennis Quaid), quelques jours avant la mort de celui-ci dans un incendie trente ans plus tôt. Un film fantastique typique du « film moyen » des années 1990. Le divertissement du samedi soir, en quelque sorte, avec son petit casting sympatoche qui, comme Dennis Quaid dans le film, est resté bloqué dans son époque, un réalisateur transparent, Fréquence interdite représente clairement le film devant lequel « on passe un bon moment », pour reprendre le parler des spectateurs du dimanche après-midi, et que l’on oublie systématiquement pas très longtemps après les deux heures bien plaisantes passées devant l’écran. Soulevons alors la question à un million d’euros : POURQUOI vouloir en faire une série télé ? Inutile de le cacher plus longtemps, Frequency et nombre d’autres séries développées plus bas sont les nouveaux chevaux de bataille des chaînes publiques américaines, CBS, ABC, NBC et autres acronymes. Autant dire que ce n’est jamais de là que sont venues les meilleures idées, ce qui n’empêche pas d’en avoir d’encore plus mauvaises. Programmée à partir de début octobre sur The CW, Frequency devrait comporter treize épisodes d’une heure, ce qui étirerait une histoire pensée pour deux heures de film à treize heures environ avec, on l’imagine, des sous-intrigues sans grand intérêt pour cette histoire qui repose uniquement sur son concept, très bon, reconnaissons-le, mais pas du tout adapté au format de la série. Honnêtement, quel sera l’impact d’une série adaptée de Fréquence interdite, sinon un impact similaire à celui qu’a eu le film en son temps ? De même que Fréquence interdite rentrait dans la case « succès de vidéoclubs », Frequency pourrait bien être un succès de télé en replay, de ceux que l’on regarde après diffusion dans le seul but d’éviter de s’endormir devant une émission de télé-réalité ou devant une chaîne d’information en continu.

Pilot

Autre exemple, celui de Taken (NBC), un prequel du premier film – mais qui se déroulera en 2016, sur le modèle (et quel modèle…) de Bates Motel – qui s’intéresse à la jeunesse de Bryan Mills, interprété dans le film par Liam Neeson. Un exemple intéressant, puisqu’il entre dans la catégorie très particulière des straight-to-series, ces séries commandées par le diffuseur sans passer par le fameux pilote, cet épisode-test qui fait preuve d’entretien d’embauche avant de se lancer, pour les plus chanceux, dans la réalisation de la série. Une nouvelle technique de production lancée et principalement utilisée par Netflix et immédiatement reprise par les chaînes de télévision, qui permettent notamment d’économiser les dépenses, souvent exorbitantes, des pilotes, et d’attirer des acteurs de renom qui auront la certitude de passer à l’antenne, comme ce fut le cas pour Vera Farmiga, Mads Mikkelsen ou Halle Berry. Et ce que les chaînes gagnent en temps et en argent, elles le perdent en prestige : des séries comme Extant (CBS), Hannibal (NBC) ou Under The Dome (CBS), faute d’audience et de reconnaissance critique, sont rapidement supprimées. Paradoxalement, une série comme Bates Motel (A&E, chaîne câblée), lancée sur le même principe et alors même que ses audiences n’ont cessé de dégringoler de saison en saison, a été renouvelée pour une cinquième et dernière saison. Mais Taken n’a même pas, mis à part son nom, un semblant d’appât pour attirer le spectateur dès ses débuts : tout ce qu’elle a, c’est Clive Standen, l’un des acteurs principaux de Vikings, et Jennifer Beals en personnage secondaire. Et un sale passif de déclinaisons des productions Besson à la télé : deux douloureuses saisons pour la série Le Transporteur (TNT), et une ridicule saison de douze épisodes pour Taxi Brooklyn (CBS/TF1). Le cassage de gueule est prévu pour un démarrage au printemps 2017. Dans un système de production bien plus convenu, et de la trempe de notre mètre-étalon en matière de séries inutiles Frequency, devait arriver ce mois de juillet Shooter (USA), adapté du film homonyme d’Antoine Fuqua, lui-même adapté d’un roman de Stephen Hunter. Un thriller d’action qui cherchait alors à se faire la relève de la saga Jason Bourne et qui a, bien sûr, échoué dans son projet. Encore une fois, Shooter, qui misait sur ses séquences d’action franchement haletantes et réussies et son casting solide (Mark Wahlberg, Danny Glover, Kate Mara, Michael Peña), reste un divertissement sans grand enjeu de prestige, et la chaîne pourrait s’en tirer si elle ne s’attelait pas au livre déjà adapté au cinéma mais plutôt aux autres aventures du personnage inventé par Hunter, et si elle n’avait pas Ryan Philippe en tête du casting. Ce qui n’est absolument pas le cas. Ce 17 juillet, le meurtre de trois policiers à Baton-Rouge, en Louisiane, a fait une quatrième victime : la série de USA, prévue pour démarrer début juillet, avait déjà été repoussée dix jours plus tôt suite au meurtre de deux agents de police à Dallas, est encore reportée à une date ultérieure et encore inconnue, et l’on parle même de la supprimer entièrement. Encore un coup du hashtag #BlackLivesMatter.

Et Antoine Fuqua doit être heureux de voir sa filmographie bafouée une seconde fois la même année, puisque si l’un de ses moins bons films est adapté en série, son meilleur aussi. Exit Denzel et Ethan Hawke : Training Day (CBS), dont le pilote, a, lui, bien été validé par une commission de personnes qui a certainement de la merde dans les yeux – au final, le straight-to-series n’est peut-être pas si mal que ça –, ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnaît. Comme inverser la couleur de ses deux personnages principaux pour faire de Bill Paxton le flic pourri et de l’inconnu Justin Cornwell la nouvelle recrue des stups. Peut-être la raison qui fait tout ce film. Peut-être le couronnement d’une telle œuvre. Et une manière, pour celui qui avait joué Steve Biko, Hurricane Carter et Malcolm X, de s’affirmer une bonne fois pour toutes en tant qu’acteur Noir. L’enjeu lourd de sens et plein d’ambiguïtés du personnage de Denzel Washington s’évanouit dans l’attribution du rôle du flic ripou à un blanc, Bill Paxton. Et les scénaristes, à en croire la bande-annonce, ont créé un arc narratif où le jeune flic a quelques affaires personnelles à régler. Ce qui créera sans doute un souci temporel, à savoir que la série pourrait ne pas se dérouler sur une seule journée ? Réponse en dix épisodes à partir de septembre, mais on peut déjà regretter l’existence de cette série, d’autant que sur HBO, elle aurait pu se permettre d’être aussi politiquement incorrecte que le film, et, pourquoi pas, aurait pu être un digne descendant de The Wire.

trainingday

Plus encore que Training Day, la palme du scandale revient à Lethal Weapon (Fox). Oui, vous avez bien lu. La meilleure saga d’action des années 1980 et 1990 est adaptée en série, forcément sans Mel Gibson et Danny Glover, mais avec Clayne Crawford (l’un des protagonistes de la géniale série de Sundance TV, Rectify) et Damon Wayans. Un reboot tout ce qu’il y a de plus inutile : les mêmes situations, les mêmes dialogues… Mais deux éléments manquent cruellement à l’appel : une complicité entre les acteurs et la patte de Shane Black. Quoi qu’on en dise, s’il n’a écrit que le premier film de la saga, Shane Black a fait briller son aura plus que jamais à travers les quatre enquêtes de Martin Riggs et Roger Murtaugh, les scénaristes des films suivant ayant réutilisé à merveille son style pour faire de la saga un dosage parfait entre le polar sombre et le buddy movie où les éléments comiques sont très forts. Dans les trois minutes compilées par la chaîne pour la bande-annonce, pas un soupçon de la patte Shane Black ne transparaît. L’effet sitcom que donne cette preview tient aussi pour responsable Damon Wayans qui, au lieu de jouer le vieux flic calme qui joue parfaitement la balance dans le duo comme l’incarnait si bien Danny Glover, en fait des tonnes comme un acteur de sitcom vieillissant, si bien que certaines scènes ont clairement l’allure de Ma famille d’abord. Le casting comprendra également Jordana Brewster dans le rôle de la psy – qui, dans les films, interagit avec Riggs dans quelques-unes de ses scènes les plus drôles, mais qui sera sans doute ici reléguée au rôle du personnage secondaire sexy –, mais encore aucune trace de Leo Getz ou Lorna Cole, les personnages interprétés dans les films par Joe Pesci et Rene Russo. L’épisode pilote sera diffusé fin septembre, et on ne prédit pas à Lethal Weapon un avenir meilleur que celui d’une autre série dérivée d’une saga de buddy movies et qui vient d’être annulée au bout d’une saison, Rush Hour (CBS).

theexorcist

Apparemment, Fox a l’air d’avoir pris goût au viol collectif de la cinéphilie puisque la chaîne ne s’arrête pas là dans la diffusion de nouvelles séries adaptées de films. Les séries horrifiques, fantastiques et de science-fiction n’ont pas encore été évoquées, mais ce n’était qu’une question de temps. Celles qui se multiplient comme des petits pains ne sont pas en reste, et surtout pas sur la Fox, puisque la chaîne historique de X-Files, qui vient de connaître un bide monumental en adaptant le Minority Report de Spielberg en série télé, va plus loin que Lethal Weapon et ose carrément The Exorcist. A première vue, une série horrifique qui ressemble à n’importe quel film de possession raté style Le Dernier Exorcisme, avec les mêmes situations, les mêmes jump scares, et pousse le vice jusqu’à refaire les mêmes plans. Et puis on arrive petit à petit à la fin de la bande-annonce, quand soudain, Tubular Bells. Et ce titre, qui apparaît devant une immense croix plongée dans les ténèbres. C’est à en avoir le souffle coupé de tant de ridicule. Contrairement aux Lethal Weapon, Bates Motel et autres Rush Hour, The Exorcist a changé tous les noms de ses personnages, à défaut d’en avoir changé la couleur de peau. L’histoire et les personnages sont absolument similaires au chef-d’œuvre de William Friedkin, à quelques différences près : le vieux prêtre n’est pas si vieux, il a même la cinquantaine plutôt sexy ; la jeune fille n’est pas si jeune ; et, au lieu d’avoir une seule possession, il semblerait que toute la famille (qui compte aussi un père et une petite sœur) soit sous l’emprise du Malin. Le vieux prêtre, qui abandonne le nom de père Karras pour celui de père Lang, est interprété par Ben Daniels (le Adam Galloway de House of Cards) comme un « Templier des temps modernes », comme il est dit dans le résumé officiel de la Fox. Le casting continue à ne pas vendre de rêve avec Alfonso Herrera, vu dans l’excellente Sense8 et sosie d’Antonio Banderas, et une vieille Geena Davis dans le rôle de la mère. The Exorcist continue d’écrire la triste histoire de la grande famille des chefs-d’œuvre du fantastique et de l’horreur adaptés dans d’humiliantes séries télé, après Bates Motel, Damien (A&E, supprimée après une saison), Twelve Monkeys (Syfy) et Scream (MTV), prouvant par là même que le cinéma de genre, malgré le regain de popularité, même parmi les critiques les plus élitistes, dont il profite depuis quelques années, est encore trop identifié comme un cinéma secondaire. D’autres séries comme From Dusk Till Dawn (Netflix), Limitless (CBS, supprimée après une saison), Dominion (Syfy, supprimée après deux saisons) et Teen Wolf (MTV), toutes les quatre adaptées de ces films moyens qui semblent être une source d’inspiration intarissable pour scénaristes angoissés de la page blanche et showrunners au chômage, ne font pas moins que renforcer ce constat.

C’est ici que s’arrête le massacre, juste après le coup de grâce toutefois. La dernière grande nouveauté de 2016, ce n’est pas seulement de rebooter des films en séries, mais de rebooter des séries en séries. Les années 1990 en avaient déjà posé les bases, avec des divertissements à très grand spectacle adaptés de vieilles séries télé : Mission Impossible, Wild Wild West, Perdus dans l’espace, Le Fugitif, Chapeau melon et bottes de cuir, Le Saint, Charlie et ses drôles de dames… Même en France, on a eu notre Belphégor et notre Vidocq. La dixième saison de The X-Files (Fox) et la mini-série Heroes Reborn (NBC) ont fait leur effet, puisqu’elles semblent avoir involontairement donné le feu vert à toute une tripotée de séries qui veulent suivre, remaker ou rebooter d’autres séries, dont trois projets suffisamment aboutis pour que l’on ait une chance de les voir rapidement sur nos écrans. Le plus inutile : Prison Break (Fox), qui s’offre un revival sous forme de suite avec toute son équipe d’origine, jusqu’au casting. Neuf épisodes, une saison, et une saison seulement. Reste à espérer que Faf La Rage ait le temps d’en faire une nouvelle fois le générique de la version française. Le plus hallucinant : MacGyver (CBS), un reboot symptomatique de ce que l’on peut voir depuis plusieurs années, avec un personnage principal qui perd dix ans de la première à la seconde version. MacGyver (Lucas Till) porte désormais les cheveux longs et a une petite gueule de nerd, mais il est badass parce qu’il a un arc, une flèche et des explosifs. Et le V de MacGyver est stylisé avec un couteau suisse entrouvert. « Mac is back » fin septembre, et nous promet de belles et involontaires tranches de rire. Le plus improbable : Lost in Space (Netflix), qui est officiellement la première série à être devenue un film puis une série à nouveau. Diffusée à l’origine entre 1965 et 1968 sur CBS, Perdus dans l’espace est un mélange de science-fiction et de comédie narrant l’errance d’une famille perdue dans l’espace après avoir quitté une Terre surpeuplée pour fonder une colonie sur un autre système. Prévue pour 2018 sur la plateforme internet, Lost in Space n’a pas encore de casting, mais elle a un showrunner : Zack Estrin, scénariste et producteur exécutif de… Prison Break. Par pitié, souvenez-vous du remake du Prisonnier (AMC) avec Jim Caviezel et Ian McKellen. On ne touche pas au patrimoine.

westworld

Telle la partie émergée de l’iceberg, l’année 2016 n’est que le début d’une dégringolade programmée de l’univers de la série télé. Même les gros poissons ne sont plus pris dans les filets : après une seule saison, pourtant excellente et prometteuse, HBO décide d’arrêter la série de Martin Scorsese, Terence Winter et Mick Jagger, Vinyl, et mise tout sur Westworld, qui n’est pourtant pas un projet original mais un remake du génial mais méconnu Mondwest réalisé par Michael Crichton. Richard Benjamin et James Brolin tenaient le haut de l’affiche dans ce film de SF de 1973, ancêtre du Parc Jurassique du même Crichton qui a donné à Spielberg l’un de ses plus beaux succès, où, dans une Amérique futuriste, un parc à thème offrait au public la possibilité de visiter, dans des décors fidèles, trois époques : le Far West, la Rome antique et le Moyen-Âge européen, les visiteurs pouvant interagir avec des robots humanoïdes vêtus comme à l’époque. Mais très vite, des dysfonctionnements surviennent dans le parc et les robots se retournent contre les humains, menés par le plus dangereux d’entre eux, un cow-boy incarné par un extraordinaire Yul Brynner. Westworld est créée par Jonathan Nolan, frère de, sa femme Lisa Joy, et est produite par Bryan Burk et J.J. Abrams. Une série poids lourd, donc, mais virer Scorsese pour le remplacer par Abrams, c’est un peu comme si le Portugal volait une coupe d’Europe de foot à l’équipe de France. OH WAIT. En tout cas, Westworld promettait d’être un beau projet, mais, en plus d’avoir en travers de la gorge l’arrêt de Vinyl, la série se révèle être très fade dans la bande-annonce, utilisant comme poudre aux yeux son casting, composé d’Anthony Hopkins, Ed Harris, Evan Rachel Wood, James Marsden, Liam Hemsworth, Thandie Newton, Jeffrey Wright et j’en passe. Il ne fera aucun doute qu’après Westworld, la machine infernale enclenchée depuis quelques années maintenant ne s’arrêtera pas de sitôt, les chaînes continuant à prospecter pour de nouveaux films à avaler et à digérer aussitôt, et ce dès la saison prochaine. Du film culte au film moyen, encore une fois, en passant par la saga horrifique qui se permet un inutile revival qui n’intéressera personne, on peut déjà citer quelques projets bien partis pour finir sur nos écrans et nos services de replay : Salt, d’après le film d’action très passable avec Angelina Jolie ; Tremors, dont Kevin Bacon – protagoniste du premier opus de la saga de 5 films – a révélé il y a quelques semaines qu’il travaillait sur une minisérie de dix épisodes basée sur les films ; Snatch, qui se voudrait l’égal de Fargo en réutilisant l’univers créé par Guy Ritchie mais en développant sa propre histoire et ses propres personnages ; et une infinie ribambelle de projets évoqués, en phase de développement ou en standby, parmi lesquels Dans la ligne de mire (Wolfgang Petersen, 1993), Galaxy Quest (Dean Parisot, 1999), Django (Sergio Corbucci, 1966), Sexe intentions (Roger Kumble, 1999), Barbarella (Roger Vadim, 1968), Incassable (M. Night Shyamalan, 2000)… On nous avait dit que la série allait égaler le cinéma, pas qu’elle allait le tuer.

Valentin Maniglia

* Pour en lire plus longuement sur l’âge d’or des séries, nous ne pouvons que vous conseiller le numéro 4 (mai-juin 2016) de la splendide revue La 7e Obsession.

Valentin M.
Valentin M. Cinéphage, étudiant en cinéma et grand passionné de James Bond, du cinéma populaire, bis et gore européen, et de comédies musicales et romantiques mièvres.

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