REVIEW : Fast & Furious 8


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On prend les mêmes et on recommence ! On pourrait croire qu’arrivée au 8ème épisode, la franchise Fast & Furious commence à montrer des signes d’essoufflement, mais il n’en est rien. Si vous avez suivi et apprécié ces films depuis le numéro 5, vous allez vous régaler une nouvelle fois avec ce divertissement énergique et sympathique, même si ce n’est pas du grand cinéma et que les défauts sont évidents.

ATTENTION SPOILERS.

Pour maintenir l’intérêt du spectateur, il faut quand même trouver une intrigue un minimum intéressante pour qu’on sache quand même où l’on va (un braquage dans le 5, récupérer Letty dans le 6, un programme informatique et une vengeance dans le 7). L’épisode précédent voyait l’équipe dire au revoir à Brian, qui décidait de prendre sa retraite et de se consacrer à sa petite famille, un bel hommage à Paul Walker, décédé en plein milieu du tournage. Cette fois la famille « perd » un autre membre car le méchant, c’est Dom lui-même, le père de la famille. Bon, on sait très bien même avant d’avoir vu le film qu’il est manipulé par la vraie méchante, Cipher, interprétée par Charlize Theron, qui met un point d’honneur à montrer qu’elle est une véritable ordure. Dom doit donc céder au chantage de Cipher pour une raison qu’on ne nous dévoilera pas avant la moitié du film.

Même si Brian est mentionné à plusieurs reprises dans le genre « il aurait su quoi faire », l’équipe se débrouille tout de même sans lui. Forcément, quand on a Letty, Hobbs, Tej, Roman, Ramsay et qu’on y ajoute encore Deckard, Mr Personne et l’apprenti de Mr Personne, on ne risque pas de manquer de mains pour tenir un volant. C’est d’ailleurs le principal problème du film, ou même des 4 derniers épisodes de la franchise : avec autant de personnages, il faut leur trouver quelque chose à faire pour justifier leur présence. Par exemple, quand on a deux hackers (Tej et Ramsay), il y en a forcément un qui ne sert pas à grand-chose et ils essayent donc de se partager les moments où il faut jouer avec des ordis. Roman est toujours le guignol de service qui se la pète ou se plaint tout le temps, ce qui commence à lasser. Heureusement, il a droit à un vrai moment drôle et spectaculaire dans la course-poursuite finale. On ajoute encore un petit nouveau, l’apprenti de Mr Personne qui est toujours le dindon de la farce et qui ne sert pas à grand-chose. La meilleure idée est finalement le retour de Deckard qui vient dynamiser tout ça.

Dom étant compromis, Mr Personne impose à l’équipe l’aide de Deckard pour les aider car (EVIDEMMENT !) Cipher est la véritable raison pour laquelle son frère Owen s’est mis dans le pétrin dans l’épisode 6, et comme on sait que la famille c’est le plus important dans FF, c’est tout à fait logique que Deckard rejoigne la famille de Dom, même s’il a tué Han et a fait pété la maison de Dom, risquant de tuer Brian, Mia et leur bébé. On pardonnera cette incohérence (qui n’est pas la première et ne sera sûrement pas la dernière)  car Jason Statham apporte beaucoup au film, et on va dire qu’il se rachète à la fin. Mouais… Concentrons-nous plutôt sur ce qui fonctionne : la relation amour-haine macho-gay (qu’on retrouve dans tous les FF) entre Deckard et Hobbs. La complicité entre Statham et Dwayne Johnson est ce qui fonctionne le mieux dans ce film, à tel point qu’on attend avec impatience l’éventuel et inévitable buddy-movie  spin-off philosophique « Deckard & Hobbs ». Ce sont les deux personnages les plus cools et qui ont les meilleurs scènes et gags (Johnson en tant qu’entraineur de l’équipe de foot de sa fille est hilarant), sans compter évidemment leur scène d’action dans la prison. Voici deux action-stars qui ont autant de charisme que d’humour et qu’il faut ABSOLUMENT associer quoi qu’il arrive dans les prochaines années.

Les scènes d’actions sont toujours aussi agréables à regarder, même si on a de loin dépassé les limites du réalisme. Que ce soit les voitures « zombies » (avec des images de synthèses un peu trop bancales par moments), ou la course poursuite finale sur la banquise, notamment contre un sous-marin nucléaire, j’ignore comment, mais ça fonctionne quand même ! Alors oui, la prochaine fois, ils vont probablement aller dans l’espace, mais si c’est fait avec autant de second degré, ça fonctionnera aussi ! Car le second degré, c’est ce qui évite évidemment à la franchise de tomber dans le ridicule. Tout le monde est là pour s’éclater, les acteurs les premiers et l’humour est donc de mise, même dans les situations les plus dangereuses.

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Parlons-en du danger, d’ailleurs ! Difficile de croire que nos joyeux compagnons risquent de mourir, ce qui minimise quelque peu le suspense et rend l’intrigue assez prévisible (Jason Statham meut flingué dans une ruelle, à la limite du hors-champ, mais bien sûr !). Heureusement qu’il y a le mystère autour de Dom pour maintenir un minimum la tension, et même ça, c’était prévisible et je m’en veux de ne pas l’avoir vu venir ! On se doute bien que Cipher détient une personne chère à Dom. Ça ne peut pas être Brian et Mia, alors je penchais pour Han, qui aurait pu être encore vivant et aurait aidé Deckard à se racheter plus facilement (idée à garder pour l’épisode 9 !). Mais NON ! Quel con de ne pas avoir remarqué l’absence d’Elena… Elena qui était en couple avec Dom avant que Letty revienne d’entre les morts. Et cette conversation en début de film où Letty évoque le fait qu’ils n’ont pas de bébé ? MAIS COMMENT J’AI PU RATER UN TRUC AUSSI PEU SUBTIL !!! Donc voilà, Elena a eu un enfant, Dom est enfin un vrai papa et il est obligé de faire tout ce que Cipher demande car sinon, il perd son fils. La pauvre Elena, elle, n’y échappe pas par contre, dans une scène d’une noirceur absolue qui choque d’autant plus que le reste du film est beaucoup plus léger. Ce personnage n’a jamais eu de chance et c’est triste mais, arrivé à la fin du film, on dirait que tout le monde l’a déjà oubliée. Par contre, Deckard, lui, il a le droit d’être assis à la table de la Famille et d’écouter le discours de Dom avant le barbecue ! En même temps, il s’est un peu racheté car c’est lui (avec l’aide de son frère Owen, sorti du coma juste à temps) qui est allé sauver le bébé, au terme d’un raid absolument délirant dans l’avion de Cipher. C’est bien simple, on a droit à un one-man show de Statham et l’une des meilleurs scènes du film. Le personnage de Deckard est différent et sympathique, beaucoup plus humain que le croquemitaine qu’il était dans l’épisode précédent. Pas très cohérent mais je valide ! Rien que pour sa scène avec sa maman interprétée par Helen Mirren le temps d’un caméo pour une révélation, encore une fois, des plus prévisibles : dès qu’on voit Dom faire un deal avec cette étrange dame britannique et mentionner l’importance de la famille. Ils m’ont eu avec Elena et le bébé, et on me la fait pas deux fois ! Je vais pas me faire avoir par DEUX twists dans un Fast & Furious quand même !

Tout ça pour dire que le film est une réussite, malgré les incohérences et les révélations prévisibles (ou presque, ta gueule !). Dom est enfin intéressant, ce qui n’était pas arrivé depuis… Est-ce que Dom a déjà été un personnage intéressant ? Enfin bref, c’est un grand divertissement qui ravira les fans de la saga et qui permet de se vider la tête pendant deux heures avec un petit sourire d’imbécile tout du long. Vivement le prochain !

8/10

Qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à commenter plus bas !

Until next time, this is Matt ready for « Deckard & Hobbs : Badass Philosophers».

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Matt est prof d’anglais, cinéaste amateur (www.alienprods.com) et lecteur de comics.

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