REVIEW : Les Gardiens de la Galaxie vol. 2

guardians vol 2 poster

Succès surprise de l’été 2014, Les Gardiens de la Galaxie avait su séduire un large public grâce à ses personnages attachants, son humour décalé et une bande son nostalgique et enthousiasmante. La bonne humeur contagieuse du film a permis à Marvel de prouver qu’ils pouvaient lancer une nouvelle franchise basée sur des personnages inconnus du grand public et faire mouche. Evidemment, une suite ne faisait aucun doute et nous retrouvons donc Star-Lord, Gamora, Drax, Rocket et (Bébé) Groot pour une nouvelle aventure, avec toujours James Gunn aux manettes.

Après un prologue intrigant qui plante littéralement la graine de l’intrigue, et par la même occasion nous balance un Kurt Russell magiquement rajeuni de 30 ans (jusqu’à la glorieuse choucroute de Snake Plissken), on rejoint les Gardiens en pleine mission pour empêcher un monstre inter-dimensionnel de débarquer chez un peuple d’aliens snobs appelés les Souverains pour dévorer leurs batteries d’énergie. Les Gardiens ont beau travailler ensemble, leur dynamique reste la même : ils se prennent la tête et s’engueulent joyeusement en bossant. Cette scène de « réintroduction » donne également le ton au film : la focalisation est faite sur l’adorable Bébé Groot, en train de danser et courir partout alors que tout autour de lui les Gardiens galèrent à éliminer un monstre aux milliers de dents et de tentacules. Le combat, qui semble pourtant impressionnant pour ce qu’on en voit, est mis au second plan, d’une manière de dire que l’important, ce n’est pas les effets spéciaux, l’action et les explosions, mais bien les personnages eux-mêmes. Et effectivement, James Gunn met un point d’honneur à donner à chacun un développement satisfaisant et à ne pas se contenter d’enchainer simplement vannes et action, ce qui, évidemment ne manque pas non plus !

Si au premier abord, on peut avoir l’impression que le film est moins réussi que le premier, il gagnera surement à être revu et apprécié pour ses qualités propres, sans les attentes qu’on aurait pu avoir et les comparaisons par rapport au premier. En effet, la spontanéité et la nouveauté du premier volet ne pouvant être égalées, on pourra trouver que certaines blagues sont un peu répétitives ou que le film traine un peu la patte pendant son second acte. Les Gardiens se séparent en deux groupes et les deux intrigues, qui finissent évidemment par se rejoindre, sont divertissantes mais ne bougent pas des masses, alors qu’on aurait pu s’attendre, après une entrée en matière dynamique et nerveuse, à davantage de péripéties.

Nous avons donc d’une part Star-Lord, Gamora et Drax, invités sur la planète d’Ego (Kurt Russell), le père de Star-Lord, et d’autre part, Rocket, Bébé Groot et Nebula qui se retrouvent au milieu d’un conflit avec Yondu et les Ravageurs. Ces deux intrigues offrent leurs lots de surprises et d’humour mais le fait qu’elles se passent chacune dans un lieu unique (la planète d’Ego ou le vaisseau des Ravageurs) donne une impression d’immobilité et ralentit quelque peu le rythme du film, surtout pour Star-Lord, dont l’intrigue est principalement basée sur les monologues d’exposition d’Ego afin d’expliquer son absence et sa relation avec la mère de Star-Lord.

D’ailleurs, Star-Lord n’est pas vraiment « présent » dans le film car le mercenaire insolent laisse la place à son alter-ego Peter Quill, l’orphelin qui a quitté la Terre à la mort de sa mère et qui n’a jamais connu son père. La relation père-fils est au centre du film et l’intrigue s’articule donc autour de ce thème pour nous présenter un mystérieux drame familial plutôt que l’aventure spatiale à laquelle on pouvait s’attendre. Ce qui n’est absolument pas une mauvaise chose car plus la tension monte, plus les personnages se révèlent et se découvrent avec beaucoup d’émotion. Que ce soit la relation père-fils entre Peter, Ego et Yondu (avec le conflit père biologique/père d’adoption), la relation houleuse et déchirante entre les sœurs Gamora et Nebula, la rencontre empathique entre Drax et Mantis, l’amusante et étrange assistante d’Ego, ou encore la colère et la solitude de Rocket, le film est un florilège de combats intérieurs et d’émotions humaines qui ne manquent pas de nous surprendre et de nous émouvoir.

Evidemment, l’humour n’est pas en reste ! Si certaines blagues semblent être des redites du premier film, il y a largement ce qu’il faut pour se fendre la poire, notamment avec un Bébé Groot déchainé qui nous fait rire autant qu’il nous attendrit, car il apprend lui aussi la vie avec difficulté. Les nombreux caméos et surprises sont réjouissants : de Sylvester Stallone à Stan Lee en passant par des références à David Hasselhoff, on nous gâte vraiment. Les puristes et fans apprécieront les clins d’œil aux comics, avec notamment l’apparition des Watchers, des entités cosmiques qui observent les événements importants dans l’univers sans intervenir (ou presque).

Les scènes d’actions ne sont pas révolutionnaires mais James Gunn trouve à chaque fois quelque chose pour les rendre intéressantes, comme les Ravageurs piégés par un Rocket plus badass que jamais, et les effets spéciaux sont une nouvelle fois d’excellente facture et viennent donner vie à cette galaxie haute en couleur. Tout ceci est bien sûr accompagné d’une bande originale une nouvelle fois parfaite, composée de chansons rétro du plus bel effet, notamment durant une scène d’évasion aussi violente que fun.

James Gunn nous livre une suite dans la continuité du premier volet mais courageusement différente. Plutôt que de mettre les bouchées doubles en termes d’action et de vannes, le film va plus loin de le développement de ses personnages, faisant des Gardiens de la Galaxie Vol. 2 un excellent divertissement avec beaucoup de cœur.

9/10

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Until next time, this is Matt writing while listening to the soundtrack, obviously.   

Matt est prof d’anglais, cinéaste amateur (www.alienprods.com) et lecteur de comics.

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