REVIEW : Spider-Man – Homecoming


spider-man homecoming poster

Après l’excellente (à un épisode près) trilogie de Sam Raimi et la très moyenne duologie de Marc Webb, Spider-Man revient chez Marvel (qui a obtenu la garde partagée avec Sony) après sa courte mais efficace introduction dans Captain America – Civil War. S’il n’était pas difficile de conquérir les spectateurs avec une apparition en plein combat de héros, proposer une troisième interprétation du personnage pour un sixième long-métrage aurait pu être très casse-gueule. Oui mais voilà, ici c’est Marvel. Et chez Marvel, on n’allait pas se planter avec le fils prodigue. Ainsi, Spider-Man – Homecoming, sans révolutionner le genre, se hisse facilement au niveau des meilleures adaptations de comics. Et on va bien parler d’adaptation ici car, encore une fois, des libertés sont prises avec les personnages et la mythologie, ce qui risque d’énerver les puristes. Néanmoins, ce qui compte c’est bien la fidélité des thèmes et du personnage principal, et il faut reconnaître que ces changements sont nécessaires pour donner à la série un coup de jeune, d’autant plus qu’on repart sur les années lycée de Peter Parker.

Heureusement, l’excellente décision a été prise de ne pas revenir sur les origines de Spider-Man. En effet, aucun flashback avec piqûre d’araignée/Oncle Ben ne vient ralentir le rythme du film et l’histoire des pouvoirs qui impliquent de grandes responsabilités est traitée directement, sans que le fameux proverbe soit évoqué. On a néanmoins droit à un petit rappel hilarant des événements de Civil War du point de vue de Peter, qui vient donner le ton au film : il s’agit d’un film d’apprentissage et d’aventure doublé d’une comédie adolescente des années 80 (pensez Ferris Bueller, par ailleurs directement référencé dans le film). En gros on est devant un film de John Hughes dans l’univers Marvel et ça fonctionne on ne peut mieux.

Peter a 15 ans, il est Spider-Man depuis quelques mois, il est encore tout excité de son combat contre Captain America et attend avec impatience que Tony Stark le contacte pour la prochaine mission… qui n’arrive pas. Du coup Peter, comme tout ado de son âge, s’ennuie en cours et passe le temps à geeker avec son meilleur ami Ned, à se faire embêter par Flash et à fantasmer sur Liz, jusqu’à la sonnerie de fin des cours qui le « libère » dans tous les sens du terme, car il peut enfiler son costume et patrouiller dans les rues de New York à le recherche de crimes ou, à défaut d’en trouver, aider les gens avec sa tchatche habituelle. Et disons le immédiatement comme ça c’est fait : Tom Holland est le meilleur Peter Parker/Spider-Man à ce jour. Même mis à jour, on retrouve bien l’ambiance et l’univers de la bande dessinée et les nombreuses apparitions de personnages connus fera sourire les connaisseurs.

Les mises à jour permettent de faire du neuf avec du vieux, à l’image de Tante May, que Peter appelle (évidemment!) simplement May et qui est beaucoup plus jeune et dans le coup et, même si Marisa Tomei n’a pas grand-chose à faire, elle apporte immédiatement une touche cool et sympa au personnage. Encore une fois, le film ne tourne pas autour de la culpabilité de Peter, la mort d’Oncle Ben ou son statut d’orphelin, donc le rôle de May est limité ici, mais on imagine que les prochains films étofferont un peu la situation familiale de Peter. On a tout de même des figures paternelles comme Tony Stark et Happy Hogan, l’ancien garde du corps/chauffeur/chef de la sécurité de Tony Stark. Robert Downey Jr et Jon Favreau apportent leur charme et humour habituel qui a si bien fonctionné avec Iron Man et c’est à la fois drôle et émouvant de voir Tony Stark, l’éternel adolescent, prendre Peter sous son aile et ne pas hésiter à le gronder et à le punir quand il le faut. Les gags récurrents pour rappeler à Peter qu’il n’est qu’un enfant inexpérimenté sont hilarants.

L’humour omniprésent joue un rôle essentiel dans la réussite du film. Quasiment toutes les blagues font mouche et il y en a vraiment beaucoup, même si ce n’est qu’un échange rapide et naturel entre Peter et le gérant d’un snack ! Les acteurs et actrices sont tous au top. On pouvait s’en douter pour les pointures, mais les jeunes sont impressionnants, à commencer par Tom Holland et Jacob Batalon dans le rôle de Ned, le meilleur ami de Peter. Il faut dire que le rôle est très bien écrit et cela fait énormément de bien de voir Peter avec un meilleur pote ! Les deux acteurs ont une complicité évidente et on est parfois à la limite du buddy-movie. Tony Revolori fait un excellent Flash et Zendaya apporte une touche mystérieuse et décalée à son personnage de Michelle. Encore une fois, l’univers du lycée est une réussite totale.

Ce qui nous amène au(x) méchant(s). Souvent le point faible des films de super-héros, les méchants doivent apporter quelque chose d’intéressant et c’est le cas ici pour Adrian Toomes, dont le rôle est relevé par l’interprétation charismatique de l’excellent Michael Keaton. D’ailleurs, le film commence par ses « origines » si l’on peut dire. Ce qui le mène à devenir un super-vilain est parfaitement compréhensible et tellement d’actualité que cela confère une certaine sympathie (jusqu’à un certain point bien sûr) au Vautour, dont le nom est parfaitement justifié ici : afin de faire tourner son entreprise, il récupère des objets et de la technologie trouvés dans les décombres des batailles des Avengers afin de créer des armes et de les vendre au marché noir. Alors qu’il arrive à mener à bien son entreprise sous le radar des poids lourds, il va se heurter à un Spider-Man qui, désireux d’impressionner Tony Stark, va lui mettre des bâtons dans les roues. Le reste du groupe des méchants sont principalement les employés de Toomes, sans trop de personnalité mais qui viennent agréablement ajouter des caméos de super-vilains, sans pour autant qu’on ait l’impression que ce soit forcé ou que le film soit surpeuplé (comme c’est trop souvent le cas dans les films X-Men par exemple).

Le film est donc très terre à terre et c’est tant mieux car on n’a pas besoin que le monde entier soit en danger à chaque fois. Il se rapproche donc davantage d’un Ant-Man que d’un Avengers. Toutefois, si l’action ne manque pas et est souvent l’occasion d’ajouter quelques gags, on regrettera un peu le manque de scènes véritablement épiques comme Sam Raimi avait su si bien le faire auparavant. Les combats sont assez standards et la réalisation manque de style et parfois de clarté, avec un peu trop d’images de synthèses parfois limites par rapport à ce qu’on a déjà pu voir. Jon Watts n’ayant jamais réalisé de film à gros budget, on imagine que les scènes d’actions ont été confiées au réalisateur de seconde équipe qui gère ça de manière efficace mais très basique. Pourtant, le réalisateur maîtrise parfaitement tout le reste, avec un rythme soutenu, de la fluidité dans le récit et un timing impeccable au niveau de l’humour. Du côté de la musique, on reste également un peu sur sa faim avec le grand Michael Giacchino qu’on a connu plus inspiré. Néanmoins, ce que la franchise perd un peu en action, elle le gagne en fraîcheur et en qualité de scénario, ce qui est étonnant car on ne compte pas moins de six scénaristes !

Spider-Man – Homecoming relance avec brio la franchise et la hisse à nouveau au top grâce à une bonne humeur rafraîchissante et un humour contagieux. Le casting est parfait et on a hâte de retrouver ces personnages pour la suite !

9/10

Until next time, this is Matt saying « DON’T MISS THE POST-CREDITS SCENE ».

Matt est prof d’anglais, cinéaste amateur (www.alienprods.com) et lecteur de comics.

2 Comments

  1. Liliane

    6 juillet 2017 à 13 h 11 min

    Spider-Man est parmi mes héros préférés ! Cela fait maintenant des mois que j’attends la sortie de ce film :p. En tout cas, j’espère qu’il sera mieux que les réalisations précédentes…
    Bonne journée :).

  2. YR

    13 juillet 2017 à 17 h 13 min

    « Ici, c’est Marvel. » Ah oui, et qu’est-ce qu’ils ne feraient pas avec les droits des X-Men… Tu as raison de dire que le film est terre à terre, il me semble qu’en plus des scènes très quotidiennes où évoluent Peter et Spider-Man, ce dernier est filmé souvent de très loin, le rendant à la fois très commun et partie intégrante du décor.

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