REVIEW : Thor Ragnarok


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Après deux films considérés de manière générale comme les moins intéressants du MCU, Thor Ragnarok opère un changement de direction radicale devant l’objectif du génial Taika Waititi. Le réalisateur néo-zélandais, fort des succès critiques de What We Do in the Shadows et Hunt for the Wilderpeople, arrive à point pour apporter son style et son humour à une franchise qui n’a jamais réussi à vraiment décoller.

Le Ragnarok représente la fin du monde dans la mythologie nordique, et cet événement est tout à propos car le film fait exploser l’univers de Thor, pour repartir sur des nouvelles bases. On est en plein reboot artistique et stylistique de la franchise, dont on ne garde que les conflits familiaux et les éléments humoristiques que l’on va multiplier par mille. Exit l’histoire d’amour inutile (et donc Nathalie Portman) qui « obligeait » le film à faire un détour par la Terre, cette fois on nous gratifie d’une aventure cosmique et comique, croisement entre Les Gardiens de la Galaxie et Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin : on est dans le délire esthétique haut en couleur et l’humour absurde, rythmés par une bande son rétro du plus bel effet quand le synthétiseur se déchaîne. Sans compter l’utilisation jouissive et parfaitement badass de l’Immigrant Song de Led Zeppelin.

La dernière fois que l’on a vu Thor (en dehors des hilarants courts-métrages), il quittait la Terre à la suite du combat contre Ultron afin de se renseigner sur les Pierres d’Infinité qui hantaient ses visions de fin du monde. Il a ainsi parcouru le cosmos à la recherche de ces pierres et pense avoir trouvé le moyen d’empêcher le Ragnarok. C’est alors qu’il retourne sur Asgard pour se rendre compte que Loki y règne en se faisant passer pour Odin. Après un rapide passage sur Terre pour trouver Odin et croiser Docteur Strange, Thor et Loki se retrouvent face à Hela, leur sœur, déesse de la Mort et première héritière du trône d’Asgard, bien décidée à prendre le pouvoir et à devenir maîtresse de l’Univers. Yep, rien de bien intéressant côté motivations de la méchante, mais elle est interprétée non sans humour par Cate Blanchett, avec tout ce qu’il faut de cruauté et une bonne dose de « Maléfique ». Après s’être « débarrassée » de Thor et Loki, Hela sème la terreur et la mort à Asgard. La voir détruire le marteau de Thor ou éliminer l’armée asgardienne sans trop se fatiguer est plutôt impressionnant et on pourrait être un peu étonnés (déçus?) de la mort expéditive de certains personnages, mais on n’a vraiment pas le temps d’être attendris parce qu’on se fend tellement la poire dès qu’on retrouve Thor et Loki coincés sur la planète dépotoir Sakar.

Ce changement de ton entre les centaines de morts à Asgard et l’aventure délirante sur Sakar peut sembler étrange avec le recul, mais ne perturbe en rien le divertissement, même si on sent par moments un peu de bricolage au niveau du montage, laissant apparaitre des coupures et des soucis d’articulation du récit. L’accent est clairement mis sur la comédie et le spectacle, parfois au détriment de la cohérence. Une version plus sérieuse du film se serait peut-être davantage concentrée sur le révisionnisme Asgardien et les regrets d’Odin d’avoir effacé des livres d’histoires ses guerres sanglantes et sa fille avide de pouvoir, éléments dramatiques qui ne sont qu’esquissés dans ce film édulcoré.

Ces petits défauts sont minimes et n’enlèvent rien au plaisir de passer du temps sur Sakar, la planète beauf par excellence dirigée par le Grand Maître Jeff Goldblum qui trouve ici un rôle sur mesure. Thor devient gladiateur et retrouve un Hulk champion de l’arène depuis deux ans. Brillante idée que d’avoir inclus le colosse d’émeraude dans cette aventure qui prend alors des airs de buddy-movie lorsque les deux héros s’affrontent, aussi bien dans l’arène que verbalement, alors que Thor essaye de convaincre Hulk de l’aider. On ajoute à cela l’arrivée de la redoutable Valkyrie, ancienne protectrice d’Asgard devenue chasseuse de prime alcoolique, interprétée avec charisme par Tessa Thompson. Bien entendu on garde la rivalité fraternelle avec Loki qui fonctionne toujours autant et on arrive à la formation hilarante des « Revengers » pour s’enfuir de Sakar et combattre Hela. Sur Asgard, Heimdall est là pour aider et même s’il fait davantage que dans les films précédents, on ne peut s’empêcher de penser qu’il pourrait faire encore plus. Le casting reste néanmoins l’un des points forts du film et Chris Hemsworth nous démontre qu’il a un timing comique impeccable qui n’attendait qu’à être exploité.

Thor Ragnarok n’est pas un film parfait, mais c’est un parfait divertissement, peut-être le plus drôle des films Marvel. Taika Waititi et Marvel ont su trouver le ton juste pour rendre le Dieu du Tonnerre et son univers plus intéressants. On attend donc avec impatience sa prochaine aventure.

8/10

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Until next time, this is Matt, still laughing.

 

Matt est prof d’anglais, cinéaste amateur (www.alienprods.com) et lecteur de comics.

2 Comments

  1. YR

    5 novembre 2017 à 12 h 11 min

    D’accord avec toi, même si la note me semble un peu sévère (obligatoire avant la reprise ? ;)). S’il y avait eu 50% de Korg en moins et une scène où la mort des Warriors Three affectait Thor en plus, on frôlait la perfection.

  2. princecranoir

    5 novembre 2017 à 17 h 26 min

    Parfaitement divertissant en effet, une ligne que la Marvel semble privilégier largement depuis le succès cool des « Gardiens de la Galaxie ». Si les ratons qui causent et les arbre qui dansent ne m’amusent pas du tout, ce divin blondinet imbu et imparfait parvient à m’arracher des sourires.
    Le meilleur des trois, sans aucun doute.

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