Saison 10 : « The X Files : 1993 – »

The X Files

C’est de cette manière que The X Files, le pilier télévisuel de mes jeunes années, est désormais référencé au saint des saints IMDb. Annonce à peiné déguisée d’un retour programmé ou simple précaution d’usage ? The truth is probably out there

Ce retour de The X Files, ça m’a un peu fait penser aux reformations des groupes que j’écoutais il y a quinze ans. Je m’attendais au meilleur en allant voir Pulp et j’ai pleuré pendant tout le concert (mais c’était quand même merveilleux). Je m’attendais au pire en allant voir Suede et c’était fabuleux (mais Brett Anderson y est pour beaucoup). Aussi, concernant la reformation de mon couple d’agents spéciaux favoris, j’ai décidé de ne pas être dans l’expectative. Pendant de longs mois, je ne me suis donc forcée à ne m’attendre à rien. Sang froid et méthode Coué. De toute façon, six petits épisodes et puis s’en vont ; pas de quoi en faire tout un plat ou même toute une saison. Et quand le grand jour de la première diffusion est enfin arrivé, devant ma télé, un paquet de graines de tournesol grillées et salées à immédiate proximité, le premier sentiment que j’ai éprouvé à la vue de ce générique i-den-tique, c’est le soulagement de constater que rien n’ait vraiment changé. Un récap’ rapide pour resituer, quelques visages familiers, deux-trois coups de fils et hop, les affaires reprennent comme en 14.

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Alors, certes, dans cette nouvelle mini-saison, tout est un peu expéditif (en même temps, comment pourrait-il en être autrement avec six tous petits épisodes seulement ?), c’est un peu tiré par les cheveux (surtout sur la fin), la fin est carrément cuisinée à la sauce deus ex-machina (qu’est-ce que je vous disais !)… Mais rien de tout cela n’est vraiment grave. Parce que, pour les fans dont je fais manifestement partie, voir les X Files rouvrir et qui plus est avec une Dana Scully enfin acquise à la cause de Fox Mulder (elle lui a même racheté un poster I want to believe, si c’est pas mignon, ça), c’est un peu comme si papa et maman se rabibochaient après des années de disputes à propos de la garde du chien, de la voiture et des enfants. Enfin, j’en sais rien, mes Mulder et Scully à moi enquêtent toujours ensemble, j’imagine, hein. Mais quand même, ça fait plaisir.

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Car cette dixième mini-saison est bien un cadeau aux afficionados des deux agents (qui le rendront bien à Chris Carter en allant acheter le DVD pour le ranger derrière les neuf premiers, moi la première, évidemment). Jugez plutôt : de la conspiration, de l’extra-terrestre, du monstre, de l’épisode comique, du séquençage d’ADN, de la grosse Maglite, du trip sous champignons, un peu de sentiments et des courses-poursuites en chaussures de ville… Un peu comme si on avait mis les ingrédients de la moitié du livre de recettes de cocktails dans un seul shaker, oui. Et si on avance en terrain (très) connu, on reprend également les choses plus ou moins où on les avait laissées, soit quelques années après la fin du second film (Mulder et Scully ont eu un enfant qu’ils ont dû abandonner ; Mulder a pris du bide, de la barbe et vit en reclus dans la forêt). Un truc de fans, j’vous dis. Ben oui, qui mieux qu’un fan saurait être tolérant ?

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C’est clair, nous sommes loin d’atteindre des sommets de virtuosité, d’ingéniosité ou même de créativité (grosses ficelles, au propre comme au figuré). Et outre le fait que ma fibre nostalgique soit largement contentée, je dois avouer que ce dernier petit coup pour la route ne m’a pas enivrée comme je l’aurai souhaité. Des intrigues pas totalement passionnantes, un seul bon épisode d’anthologie sur trois, puis ce final qui n’en est pas vraiment un… Et si cette dixième saison de The X Files tenait lieu d’amuse-bouche avant de remettre le couvert ? Je ne suis pas spécialement contre un retour au fourneau, mais il va falloir que le plat soit un chouïa plus consistant que ça. Parce que, pour le moment, je mets peut-être 9 pour la déco (la photographie est inchangée ; Scully et Skinner sont encore plus sexy qu’avant), mais seulement 6 pour l’apéro (le goût y est, mais c’est bâclé). I really really want to believe… Cela dit, si c’est pour venir tout gâcher, autant nous quitter en bons termes. Cette brève rencontre entre vieux amants ne viendra pas ternir ces neuf années de – au final et si on fait la moyenne – très bons souvenirs. Évidemment, il y a eu des hauts et des bas… Mais quels couples n’en ont pas ? Allez, c’est bon, Chris, si tu reviens, j’arrête tout. Mais c’est fini les conneries maintenant.

Jennie Zakrzewski

Rédactrice, conseillère éditoriale, photographe et méchant flic du label Specific. Blogs : http://thisisthemodernworld.tumblr.com + http://jennie-artwork.tumblr.com

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