Saison 1 et 2 : Almost Royal – Faux aristo, vrais pro de l’impro


Almost Royal - Georgie et Poppy Carlton

Dans une autre vie, j’ai assidûment regardé Da Ali G Show sur feu-Comédie !, ovni pas toujours excessivement drôle mais parfaitement acceptable qui mélangeait joyeusement talk show et sketchs parodiques. Parmi ces derniers se trouvaient les segments qui allaient donner naissance, quelques années plus tard, à Borat, film écrit par Sacha Baron Cohen himself. Dans ces deux saisons de six épisodes chacune, on pouvait donc suivre les début de Borat Sagdiyev, journaliste originaire du Kazakhstan, « sixième homme le plus connu du pays », qui enquêtait sur les us et coutumes de Grande-Bretagne et des « U.S and A » pour le compte de la télévision d’État et particulièrement doué pour mettre ses (véritables) interlocuteurs mal à l’aise avec des anecdotes concernant sa sœur prostituée, son frère handicapé mental, sa haine des gitans ou encore la condition des femmes dans son pays, manifestement moins bien traitées que les chevaux ou les chiens car nettement moins utiles.

Almost Royal - Georgie et Poppy Carlton

Les Anglais sont assurément doués pour le genre puisqu’Almost Royal reprend à peu près les choses où le faux rappeur de Staines (bourgade tranquille du Surrey qu’il tente de faire passer pour un infâme ghetto en proie à la guerre des gangs) les avait laissées. On se retrouve donc cette fois-ci en compagnie de Georgie et Poppy Carlton (référence hôtelière à peine dissimulée à leur pendant américain Paris Hilton), fratrie de faux aristocrates – 50 et 51e sur la liste d’attente pour accéder au trône – qui se trimballent aux États-Unis avec l’urne contenant leur défunt père afin de faire l’expérience de la vraie vie et s’offusquer du fait que personne n’est capable de répéter leurs noms avec leur si distinctif accent. Accompagnée de son débonnaire de frère Georgie, la précieuse Poppy, aspirante actrice/chanteuse/business woman, se présente donc en faisant répéter 25 fois son prénom aux locaux enclins à leur faire découvrir les spécificités de leur pays telles que la chirurgie esthétique, le Tea Party, les battles d’insultes, la pêche au poisson-chat, etc.

Almost Royal - Georgie et Poppy Carlton

Ais-je besoin de vous préciser que leurs faussement naïves interventions sont très souvent hilarantes ? Oui, peut-être. Car je dois avouer que les deux premiers épisodes d’Almost Royal m’ont plus ou moins laissée de marbre. En somme, jusqu’à ce que je devienne familière avec les frasques de leur mère alcoolique, d’Humphrey, leur oncle homosexuel et limite pédophile, de Tabitha, la socialite souffre-douleur de Poppy et surtout que je prenne toute la mesure de l’impressionnante propension d’Ammy Hoggart et Ed Gamble à improviser pour dérouter… grosso modo tous les Américains qui se présentent sur leur royal et très codifié chemin. Codifié, oui, car leur délirante étiquette est tout bonnement jouissive, tout comme leur récurrent « Oh, you would’nt say that in Britain… » invariablement suivi d’explications complètement surréalistes (la première qui me vient à l’esprit : « What is D for? – D is for drive. – In Britain, D would be for Derek. – How is that related to cars? – My friend Dereck’s got one »).

Almost Royal - Georgie et Poppy Carlton

Est-ce que je vous ai dit que Poppy est complètement obsédée par sa petite personne, l’argent et cette traînée de Tabitha, que Georgie fait mécaniquement tout ce que Poppy lui dit et que, contre toute attente, on ne boit pas la moindre goutte de thé aux meetings du Tea Party ? Non, bien entendu, mais pas par négligence, plutôt parce qu’il y aurait encore énormément à dire sur ces deux saisons de 8 épisodes diffusées sur BBC America… Et entre autres, que l’humour y est aussi subtil que potache ou carrément trash. Ou encore que les personnages de ces improbables frère et sœur en arrivent même à devenir attachants. La saison 3 n’est pas encore annoncée, mais l’arrêt de la série non plus… Mes espoirs de retrouver Almost Royal et la chanson écrite par Poppy sur le nombre de notifications qu’elle a sur son téléphone quand elle se lève le matin ne sont donc pas vains. God save the screen.

Jennie Zakrzewski

Rédactrice, conseillère éditoriale, photographe et méchant flic du label Specific. Blogs : http://thisisthemodernworld.tumblr.com + http://jennie-artwork.tumblr.com

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