Sortie Blu-ray : Welcome back to Twin Peaks

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CET ÉTÉ, AVEC BOB, ALORS QU’ON REGARDAIT LA PLUIE TOMBER SUR NOTRE BALCON, ON A DECIDÉ DE RE-MATER TWIN PEAKS, LA SÉRIE. LA PREMIÈRE FOIS, C’ÉTAIT LORS DE LA SORTIE DES DEUX SAISONS EN COFFRETS DVD, EN 2008. ON AVAIT ALORS PASSÉ DEUX SEMAINES EN APNÉE AVEC DES CERNES. IMPOSSIBLE DE PENSER À AUTRE CHOSE UNE FOIS RENTRÉS DU BOULOT ; « VOIR LA SUITE » ÉTAIT DEVENU UN BESOIN IMPÉRIEUX POUR NOUS DEUX. DE VRAIS JUNKIES. ET DEPUIS, ON N’A CESSÉ DE SE DEMANDER CHAQUE ANNÉE QUEL SERAIT LE MOMENT OPPORTUN POUR RECOMMENCER.

Six ans plus tard, au mois de juillet 2014, pour être précis, TF1 Vidéo récidive avec la sortie de l’œuvre intégrale agrémentée du film éponyme en coffret Blu-ray. Écran publicitaire. L’homme dit : « Tiens, on pourrait se refaire les DVD… J’me souviens plus très bien de la seconde saison… » Je réfléchis. « La seconde saison ? C’est pas celle où les extraterrestres enlèvent le Major chais-plus comment ? Et où y a David Lynch qui joue l’Agent chais-plus-qui ? » Le moment opportun était manifestement « maintenant ».

Dès les premiers épisodes, j’ai rapidement et à nouveau des étoiles plein les yeux. Je n’avais certes pas oublié qui avait tué Laura Palmer, mais je ne me souvenais plus à quel point Audrey Horne était fantastiquement belle, la Log Lady éminemment perspicace et mon cher Special Agent Dale Cooper réglementairement émouvant… J’avais aussi oublié la musique. Le thème glauquissime de la pauvre Laura ou celui à l’aura enfumé d’un vieux club de jazz sont en effet de magnifiques et tenaces compagnons de dépravation. Et me voilà qui replonge sans même y penser, allumant le lecteur de DVD le dîner à peine débarrassé…

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Puis arrive la saison 2. Au bout du neuvième épisode (sur 22) et moult rebondissements que j’avais complètement occultés, l’enquête est bouclée et on passe à autre chose. Aux choses sérieuses, en l’occurrence. Car si le côté « Santa Barbara sous acide » ne m’avait pas échappé lors du premier visionnage, je n’avais, en revanche, pas remarqué d’emblée à quel point la mort de Laura Palmer n’était qu’un prétexte. Une simple histoire qui en amène d’autres, qui en entrainent d’autres, puis encore d’autres, de manière impitoyablement exponentielle, dans le but de… ne jamais en finir. Un peu comme Les Feux de l’amour, oui. Ou Invitation to Love, l’ironique méta-série que regarde Shelly Johnson.

Elle est nettement plus barrée aussi, cette seconde saison. Il est bien question d’entités mystérieuses, d’apparitions, de rêves prémonitoires, de dimensions parallèles… Un véritable sommaire de feu la regrettée émission Mystères. Cependant, tout aussi immédiate, universelle et hors du temps, elle me fait penser que c’est une œuvre parfaite que nous ont livrée ici MM. Lynch et Frost. En ce qui me concerne, la série aurait pu continuer ad vitam æternam que ça ne m’aurait pas dérangée. Et je ne dis pas ça seulement parce qu’elle concentre mes quatre agents spéciaux préférés de tous les temps. Mais tout de même, Fox Mulder en talons de huit, tailleur strict et cheveux longs, ça vaut son petit pesant de points….

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Enfin, alors que je trépigne de joie à chaque fois qu’Albert Rosenfield passe au poste me délivrer ses sarcasmes ou que Gordon Cole me hurle dans l’oreille devant une tarte à la cerise sur une banquette rembourrée du Double R Diner, voilà que tout s’arrête. Brutalement et de manière toute pourrie, il faut bien l’avouer. Un peu comme la vie, quoi… Descente de trip direct. Deux semaines plus tard, je suis à nouveau presqu’entièrement clean. Mais pour combien de temps cette fois-ci ? « Bonjour, je m’appelle Jennie, j’ai 35 ans et je suis accro à Twin Peaks. J’ai déjà rechuté et je sais que ça peut encore m’arriver… »

Jennie Zakrzewski

Rédactrice, conseillère éditoriale, photographe et méchant flic du label Specific. Blogs : http://thisisthemodernworld.tumblr.com + http://jennie-artwork.tumblr.com

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