Top et flop séries 2015 : girl power, meurtres à gogo et fin du monde


Top séries 2015

Comme tous les ans depuis l’avènement d’Internet et des marchés de Noël, le mois de décembre sonne l’heure du vin chaud et des tops en tous genres. Avec ou sans boisson alcoolisée, j’ai une mémoire de poisson rouge et c’est toujours pour moi un exercice périlleux que d’essayer de me rappeler ce que j’ai bien aimé et encore plus ce que j’ai détesté depuis le mois de janvier dernier. Alors, pour commencer, j’ai refait le tour de mes chroniques sur TB2C et… je me suis rendue compte que je ne m’étais quasiment intéressée qu’à des shows télévisés. Bien entendu, il y a de nombreux films qui, en 2015, ont réussi à me charmer ou me révulser. Mais pourquoi nier l’évidence ? Voilà donc le menu décomplexé de cette séance de rattrapage forcenée : deux tops et deux flops sur canapé.

 

Top « High five »

Mes cinq chouchous de l’année auxquels j’ai logiquement consacré une chronique dithyrambique sur TB2C (cliquez sur les liens pour lire les articles). Impossible pour moi de les classer ; je vous les livre par ordre alphabétique, vous m’excuserez.

Top séries 2015

Broad City (saison 2, Comedy Central)

Portlandia (saison 5, IFC)

Scream Queens (saison 1, Fox)

Show Me a Hero (mini série, HBO)

Togetherness (saison 1, HBO)

 

Top « J’attends les coffrets pour choper les DVD »

Cinq autres coups de cœurs évoqués à la radio où trop frais pour avoir eu le temps d’être traités. Pour être parfaitement exhaustive, j’aurais dû ajouter Transparent saison 2 (Amazon), récemment terminée. Mais les fêtes ont eu raison de ma volonté…

Top séries 2015

5. Better Call Saul (saison 1, AMC)

Ça fait tellement longtemps que j’ai l’impression que c’était l’année dernière. Mais il s’agit d’une impression entièrement positive. Better Call Saul, c’est ce que tous les fans de Breaking Bad attendaient : une relève à la hauteur de son prédécesseur, tout aussi fouillée, léchée, ciselée. Enfin un spin-off réussi, c’est à marquer d’un caillou bleu.

4. Fortitude (saison 1, Sky Atlantic)

Je voulais écrire sur Fortitude, mais cette enflure de newbie de Tom Rocton m’a grillé la priorité due à mon grand âge et à mon ancienneté ici-même. Je ne vais donc pas vous refaire le pitch, vous irez lire sa chronique. Et juste vous dire qu’outre l’intrigue des plus prenantes (et le côté investigations scientifiques qui n’est pas pour me déplaire), c’est le casting qui rafle la mise ici, notamment en réussissant le tour de force de rendre intéressants et/ou attachants des personnages qu’on avait au départ envie de trucider. Par exemple, le sauveteur grognon et adultère. Ou encore l’élue – adultère aussi ! – qui trempe dans d’infâmes magouilles. Puis y a Stanley Tucci. Réussirais-je à placer une troisième fois le mot « adultère » dans cette chronique ? Oops, voilà qui est fait. Et si la fiction, ça compte, je suis grave coupable…

3. Fargo (saison 2, FX)

C’est tellement récent que j’ai l’impression que c’était hier. Enfin, c’est quasiment tout comme. Et quelle claque de fin d’année ! L’empreinte laissée sur ma joue lors de la première saison n’avait pas eu le temps de cicatriser que, bam, voilà que Fargo revient me faire rougir de plaisir. Réalisation exceptionnelle, scénario ultra bien ficelé et Ted Danson au casting. Que demande le peuple ? Une héroïne digne de ce nom ? Kirsten Dunst règne en maître incontesté sur cette nouvelle saison. Grandiose.

2. Bloodline (saison 1, Netflix)

Encore une entourloupe du Père Rocton. Faut rien lui conseiller à ce mec. Un peu comme à Danny (Ben Mendelsohn), le frère maudit du clan Rayburn autour de qui tourne ce drame familial et policier. Oui, les deux peuvent allégrement s’accommoder. D’autant plus qu’il y a Kyle Chandler et son sexy accent texan pour faire monter la sauce. Bloodline, c’est moite, c’est profond, c’est violent et c’est surtout d’une justesse imparable, qu’il s’agisse des sentiments ou de l’action. Écriture, casting et suspens au top ; j’ai hâte que la deuxième saison arrive dans mon salon.

1. Man Seeking Woman (saison 1, FXX)

Pour ceux qui n’écoutent pas The Radio Cinema Club (parce qu’on n’est pas pertinent, qu’on fait trop de bruit en mangeant nos chips ou qu’on est ivres une émission sur deux), je me répète, et à jeun cette fois : Man Seeking Woman est une série incroyablement drôle et brillamment inventive. Je vais même m’auto-citer, tiens : « Pour faire simple, disons qu’en plus d’être complètement surréaliste, l’écriture est surtout littérale. Et les angoisses du jeune Josh (draguer, pas draguer ; rappeler, pas rappeler ; coucher, pas coucher…) se matérialisent ainsi à l’écran : un véritable conseil de guerre pour envoyer un texto, un monstre en guise de rencard à l’aveugle (un troll, pour être précis), un mariage qui se passe réellement en enfer, un procès en bonne et due forme pour savoir si coucher avec son ex c’est tromper, etc. » (la suite à écouter ici). Jay Baruchel y est excellent, les mises en scènes jouissivement délirantes, les dialogues frisent le génie comique ; bref, vous pouvez y aller les yeux fermés.

 

Flop « C’est dommage »

Un pitch ou des débuts prometteurs et, au final… un pitch ou des début prometteurs.

Top séries 2015

3. The Man in the High Castle (mini-série, Amazon)

Et si les Nazis avaient gagné la Seconde Guerre mondiale ? Voilà le pitch de The Man in the High Castle, série tirée d’un roman de Philip K. Dick qui nous dépeint la vie en 1962 aux États-Unis, pays que se partagent désormais Allemands et Japonais. La promesse : rumeurs sur de l’état de santé du Führer et résistance autour d’un mystérieux film montrant un monde libéré de son régime totalitaire. En vérité : contre-espionnage mou et personnages incapables de provoquer l’empathie. Très dispensable.

2. The Last Man on Earth (saison 2, Fox)

L’idée de départ (suite à une épidémie, Phil Miller se désespère d’être le dernier survivant sur terre, mais, pas de bol, il tombe sur la meuf la plus casse-couilles au monde, aka l’excellente Kristen Schaal) était géniale et j’ai beaucoup apprécié les premiers épisodes de cette comédie par et avec Will Forte. Malheureusement, son personnage, d’abord cynique et désabusé, s’avère en fait horripilant et affreusement chiant au fil de ces deux saisons. L’enfer, c’est les autres et nous avons là une galerie de personnages bien gnian-gnian entrainant des développements trop pleins de bons sentiments. Certes, notre couple ne pouvait continuer à errer indéfiniment, mais je préférais The Last Man on Earth avant la vie en communauté et la remise en état des fosses septiques, quand notre branleur de Phil allait chier assis sur une bouée dans la piscine de la maison d’à côté.

1. You, Me and the Apocalypse (saison 1, NBC)

Je kiffe Mathew Baynton et son charme de British boy-next-door un peu loser depuis The Wrongs Mans. Aussi, j’étais bien contente de le retrouver dans You, Me and the Apocalypse, production américano-anglaise comique sur fond de fin du monde (décidément…). Je vous fais le pitch vite fait : un groupe de personnes qui n’ont a priori rien à voir les unes avec les autres se retrouvent dans un bunker pour regarder une comète géante se crasher sur la Terre à la télé ; le postulat de la série : comment elles en sont arrivés là. Sur le papier, c’est sympa, vous ne trouvez pas ? Et si je vous dis qu’il y a Rob Lowe en prêtre du Vatican un rien iconoclaste et que son taf, c’est avocat du Diable ? Du coup, vous imaginez ma déception devant ces dix épisodes aux quiproquos plutôt plan-plan et à l’intrigue qui ne passe jamais la seconde… Ce n’est pas foncièrement mauvais, mais, compte tenu de que ça aurait pu donner dans un monde parfait, c’est terriblement frustrant. Et si le futur de l’humanité, c’est ça – des personnages et un scénario moyennement aboutis, j’attends l’apocalypse de pied ferme.

 

Flop « C’est raté »

Raté, mais pas forcément complètement à chier. Pas comme Dr Ken (ABC), quoi.

Top séries 2015

3. Sense8 (saison 1, Netflix)

J’attendais beaucoup de cette première série des Wachowski… J’ai été enchantée par le premier épisode, intriguée par les deuxième et troisième, ennuyée par les quatre suivants, endormie au cours du huitième, démissionnaire avant le neuvième. Même si je lui reconnais quelques qualités (notamment esthétiques), Sense8 m’a perdue dans ses interminables méandres. J’avais bien compris qu’il fallait se laisser porter par ses sens, mais la poésie n’a pas suffit et la mayonnaise n’a pas pris. La suite est prévue pour 2017 ; pas sûr que je sois de la partie.

2. The Leftovers (saison 2, HBO)

Je n’attendais rien de cette deuxième saison de The Leftovers, la série de Damon Lindelof, de la même manière que je n’attends globalement plus rien de n’importe qui ayant travaillé de près ou de loin sur Prometheus. Tout juste pensais-je retrouver Justin Theroux, son charisme d’huître et ses hallucinations peuplées de bergers allemands là où on les avait laissés. Alors, certes, on prend à peu près les mêmes pour recommencer ailleurs, mais cette fois-ci, on abandonne le mystère paranormal pour plonger tête la première dans la tragédie, et à grand coup de crise de foi (sic), d’ailleurs. Peut-être que les scénaristes se sont rendus compte que leurs intrigues ne menaient nulle part… Et c’est à mon sens plutôt une bonne chose. Mais ces brebis égarées ne semblent malheureusement pas savoir beaucoup plus où elles vont dans cette deuxième saison. Si ce n’est dans le pathos plein pot. Oui, ils ont été méchamment abimés par la vie, ces gens, c’est bon, on a compris, c’est pas la peine de nous coller cette reprise au piano parfaitement horripilante du Where Is My Mind? des Pixies à chaque fois qu’une caricature de personnage se pose un semblant de question… Sinon, j’ai vu quelqu’un utiliser le mot « chef-d’œuvre » sur Internet ; j’ai vomi.

1. Wayward Pines (saison 1, Fox)

Wayward Pines a presqu’eu le droit à sa chronique sur The Bloggers Cinema Club. Wayward Pines a même failli se retrouver dans le haut du panier de ce post. Vous me direz, finir premier d’un flop, c’est une sorte de victoire, quelque part… Et c’est tant mieux car Wayward Pines mérite de gagner quelque chose. En l’occurrence et en ce qui me concerne, ça sera le prix 2015 du « C’est tellement mauvais que ça en devient génial ». Matt Dilon en agent du FBI sous Xanax, flanqué d’une femme toujours au bord des larmes, d’un fils qui doit probablement se faire harceler au collège tant il est à claquer et d’une infirmière SS, le tout dans un bled fictif de l’Idaho, voilà le tableau de cette série au pitch pas forcément bancal ou inintéressant sur le papier (le grand classique de la ville dont on ne sort jamais), mais aux développements et aux twists complètement barrés. Oui, twist est au pluriel. Et si j’avais pu lui coller plusieurs S, je l’aurais fait. En tout cas, aussi paradoxal que cela puisse paraître, je vous encourage à regarder cette série totalement ratée. Rien que pour découvrir le coup des “Abbies“ et le final totalement halluciné, ça vaut le coup de se farcir les multiples incohérences, les sautes d’humeur des scénaristes et les regards hébétés des acteurs.

Jennie Zakrzewski

Rédactrice, conseillère éditoriale, photographe et méchant flic du label Specific. Blogs : http://thisisthemodernworld.tumblr.com + http://jennie-artwork.tumblr.com

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